
El Indio (l'Indien) nous a mené de Cafayate à Salta. Il s'agit du nom de la compagnie de bus et non pas d'un guide local...
L'entrée dans la ville nous a fait faire quelques grimaces, sachant qu'on venait de quitter quelques heures plus tôt le charmant village de Cafayate. "Encore une ville" avons nous pensé à ce moment là avec un brin de mélancolie... La pollution, le grouillement des voitures, les quartiers délabrés, etc.
Et puis nous avons vite changé d'avis en arrivant dans le centre ville.
Comme dirait Vincent, un autre voyageur, "On se croirait dans le film de Zorro, et que le sergent Garcia va débouler à chaque coin de rue !". Effectivement, fondée au 16ème siècle et ayant conservé de beaux restes de l'époque, le centre est un petit bijou : maisons seigneuriales, balcons en bois, porches et grilles surchargés, patios intérieurs,...
On a été surpris par une église : elle est peinte en rouge et ocre et des rideaux de théâtre (en dur et peint) s'ouvrent au dessus des portes !!
Salta était pour nous un lieu de flâneries. Il y faisait bon et chaud même si il commençait à pleuvoir (après huit mois sans pluie selon un chauffeur de taxi qui trouvait cela bien inhabituel).
On a rencontré d'autres voyageurs super sympas qui revenaient de Bolivie et qui nous ont raconté leurs expériences dans ce qui sera notre future destination.
Avec certains d'entre eux, on est allé à partir de 22h dans le quartier des peñas, restaurants animés où des groupes de musique s'acharnent à mettre l'ambiance accompagnés par des danseurs (traditionnels "gauchos", vous savez : les cow-boys argentins) que Peggy n'a pas résisté à rejoindre.
On en a profité pour manger nos derniers "bife de lomo" ou "de chorizo" argentins si tendres et si fondants dans la bouche. Arnaud a eu la folie d'en goûter avec une sauce au porto et au chocolat.
On a bien marché dans toutes les rues piétonnes à la recherche d'une librairie avec des livres en français dans la mesure où on avait déjà écoulé notre stock. On vous conseille d'ailleurs la lecture de "Des idées plein la terre, un tour du monde pour l'environnement" de 3 jeunes lyonnais, Lionel Auguste, Olivier Fruchaud et Thomas Gailly. En tout cas, ce bouquin a changé notre vision des choses, notamment pendant le voyage.
On est aussi monté au téléphérique qui nous a offert un spectacle grandiose digne du cinéma (Seb on te réserve une projection privée). En premier plan, la ville ensoleillée et ses rues bien quadrillées. Et en arrière plan, les montagnes sous des nuages gris-noirs d'orage commençant à s'avancer sur la ville et percés de quelques rayons de soleil. A donner des frissons ! Quelle menace plane sur la ville ? Vous le saurez dans le prochain film de ... Mais qu'est-ce qu'on vous raconte là ? Arrêtons ça tout de suite !
Un soir en sortant d'un cyber café, nos oreilles ont été attirées par la mélodie de quatre violons et nos yeux ont été happés par cette jolie cour intérieure du musée des Beaux-Arts. Les musiciens jouaient quelques airs de tango si cher aux Argentins sous un petit vent qui s'est d'ailleurs amusé à faire s'envoler quelques partitions ! Tout le beau monde était là habillé de manière très chic et on se demande encore pourquoi la conservatrice du musée nous a invité à entrer alors qu'on se faisait tout petit à la porte avec nos grosses chaussures de rando et nos fringues un peu crados... On n'a quand même pas osé toucher au buffet. Les oeuvres exposées étaient celles d'artistes ayant gagné un concours (peinture, photo, sculpture). Un moment inattendu comme il en arrive parfois en voyage.
Il y a eu d'autres concerts en plein air pendant la semaine : la fanfare de la ville, un festival de la jeunesse.
On a aussi trouvé, et on n'est pas les seuls, que les Argentins sont très amicaux et qu'ils viennent facilement taper la discute avec nous, surtout après qu'ils aient vu les infos où la France semblait à feu et à sang (merci les médias, en mal de sensationnel et qui nous font également passé pour un pays raciste aux yeux du monde... A nous, de passage, de leur donner notre avis sur ce qu'ils voient et entendent).
Par exemple, à Cafayate, ce monsieur qui nous a doublé à vélo et qui s'est mis à nous parler pour les quelques mètres que nous parcourions ensemble avant qu'il ne tourne en direction de l'école où il allait chercher sa fille. Nous étions aussi à vélo (location une demi journée) et il nous a fait remarqué, à juste titre d'ailleurs, que nous n'étions pas prêts pour le Tour de France ! Sous le caniard du tout début de l'après midi, nous avons pédalé de toutes nos forces (et de toute notre sueur) sur les chemins poussièreux (merci les véhicules à moteur !) bordés de vignobles, ou de cactus pour rejoindre une grotte où figuraient des peintures rupestres qui finalement ne valaient vraiment mais alors vraiment pas le déplacement !!!
|