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Australie - Route entre Adelaide et Alice Springs


de nous deux, 27-03-2006

Route entre Adelaide et Alice Springs.


(N.B. Nous écrivons ce texte deux mois après avoir réalisé ce tour donc nos souvenirs ne sont plus aussi précis que si nous l'avions écrit tout de suite après. Il y a peut-être notamment des erreurs au niveau du déroulement chronologique du trajet et par rapport aux noms des sites visités.)

Cette excursion est à elle seule ce que nous attendions de l'Australie.

Nous partîmes à une vingtaine de personnes dans un minibus équipé de la climatisation (heureusement), d'un pare-buffle (des fois qu'un émeu, un kangourou ou une vache passerait...), d'une grande remorque (pour nos sacs, le matériel de cuisine et la bouffe) et (malheureusement) d'un autoradio qui crache des décibels à n'en plus pouvoir. Notre chauffeur-guide-cuisinier-animateur-nounou pendant plus de quinze heures par jour : Buzz, une petite vingtaine d'années, quittant rarement son chapeau à la "Crocodile Dundee".

Le premier jour, nous avons rencontré un méga orage qui nous a obligé à changer de route. De l'eau de pluie faisait déborder une rivière et passait chargée de terre par dessus le pont qui continuait notre chemin, la cadence des courants et la hauteur de l'eau ne permettant pas de passer. Un orage salutaire à notre expédition puisque le vent a poussé ces gros nuages noirs vers le Nord (où nous nous dirigions), ce qui a rafraîchi l'air avant notre arrivée. Et nous avons eu tout le reste du temps du grand ciel bleu.
L'après-midi, nous avons fait deux pauses sur le trajet : une à "Yurambulla Caves", une grande butte dans l'immense plateau australien, où nichent des petites grottes à flanc de falaise et où figurent des peintures rupestres aborigènes. Ces dernières sont anciennes et ont permis à la communauté aborigène de revendiquer la possession de ces terres, ce qui est maintenant chose faite.
Avant l'arrivée des Européens en Australie, il existait de nombreuses communautés aborigènes (le pays étant tellement vaste) ayant chacune leur propre langue, leurs propres rites d'initiation.
La deuxième pause sur le trajet s'est effectuée à "Kanyaka Homestead Ruins". Il s'agit d'un village en ruines qui a servi entre 1851 et 1888 de relais pour les chevaux et la poste. Tout le courrier entre le Nord et le Sud y passait.
En chemin, nous avons aussi vu des chameaux sauvages. Ce sont les immigrants qui les ont importés et maintenant ils sont plusieurs milliers à l'état sauvage et certains sont même exportés vers les pays arabes car plus résistants.
Le soir, après s'être installés dans le dortoir (par 10 dont deux gros ronfleurs avec qui on a évité de s'installer les jours suivants), nous avons eu droit au "Aussie barbie". Comprenez par là "Australian barbecue" donc rien à voir avec la poupée. Au menu : filets de kangourou, boulettes d'émeu et saucisses de chameau ! Et comme tous les soirs ensuite, les "jeunes" (surtout les jeunes australiens) se sont saoûlés à la bière. Ce n'était pas la première fois durant nos six mois de voyage que nous voyions des anglo-saxons avec ce genre de délire : différence de culture ? différence d'âge ?

Le lendemain, debout entre 4 et 6 heures du matin, ce qui a été le cas pendant toute la semaine de l'excursion.
Le matin, petit safari photo. Nous avons eu la chance de croiser plein de kangourous sauvages et des émeus. Un émeu qui court ressemble au "bip-bip" des dessins animés des Looney Tunes : sa tête et son cou à l'horizontale en avant et les pattes qui vont vite commes des pales d'hélicoptère !
Puis nous nous sommes arrêtés près des Flinders Ranges pour admirer leur panorama. C'est une chaîne de montagne en cercle qui la fait ressembler à un gigantesque cratère de météorite. Nous avons appris par la suite que ce n'était pas le cas. Il existe des trous de météorite en Australie mais là il était question d'une mer ancienne et de géologie mais on n'a rien compris (ah le terrible accent des Australiens).
Pendant le pique-nique du midi, on voyait des petits perroquets verts qui chantaient et volaient entre les arbres d'eucalyptus. L'après-midi, nous avons traversé cette forêt pour suivre un sentier montant sur une des arêtes des Flinders Ranges, au mont Ohlssen-Bagge plus précisément. De nombreux lézards (il y en a des centaines de sortes dans ce grand pays) se doraient la pilule sur les rochers.
Au campement du soir, feu de bois et guitare sous la voûte étoilée de l'hémisphère sud.

Le troisième jour : route jusqu'à Coober Pedy. Ca devient progressivement plus plat et plus sec. Les arbres deviennent rares. Petite pause matinale à Woomera, village au milieu de nulle part autrefois interdit au public car c'est un village militaire où se pratiquent des essais d'explosions en tout genre (lance-roquettes, bombes...).
Le long de la route, peu après, nous avons marché sur les bords d'un lac de sel. Des panneaux nous avertissaient du danger de s'aventurer plus loin parce que ça faisait aussi partie de la zone d'essais militaires.
Par ailleurs, sur cette longue route droite, on rencontre des "road-train" qui sont d'énormes camions transportant des chargements, parfois même ils tirent trois ou quatre remorques comme celle de nos camions européens ! Ils s'arrêtent comme nous aux stations-essence pour se ravitailler en eau, en bouffe, en essence et pour la pause pipi.
Dans un des villages traversés, on pouvait lire un panneau qui disait : " Bienvenue ! Ici vivent une centaine d'habitants, un millier de moutons et quelques millions de mouches" ! Certains disent que l'accent australien du centre du pays, qui consiste à peu remuer les lèvres en parlant, tient son origine de la multitude de ces insectes volants afin qu'ils n'entrent pas dans la bouche ! De notre côté, nous avions adopté la mini moustiquaire qui se pose sur le chapeau de soleil, qui entoure toute la tête jusqu'à à peu près en dessous des épaules.
En fin d'après-midi, quand nous sommes entrés dans le village de Coober Pedy, il faisait bien chaud... donc on a vite compris pourquoi les maisons étaient troglodytes ! Mais une autre raison pour laquelle les habitants creusent, c'est pour la recherche du précieux opale, une pierre vraiment magnifique. Pourtant, les concessions à titre privé sont interdites aujourd'hui... Les habitants ont "juste" le droit d'agrandir leur maison autant qu'ils le veulent et certains ne se privent pas du double avantage : trouver de l'opale et avoir une grande maison ! Il faut savoir que la dynamite ou le matériel pour en fabriquer est en vente libre dans les supermarchés de la ville... Nous avons visité une de ces maisons, une église souterraine et une mine. Le dortoir de la nuit suivante était lui aussi creusé dans le rocher.

Nous avons roulé toute la journée du quatrième jour dans l'attente impatiente d'être auprès du rocher sacré aborigène d'Uluru, appelé aussi par les blancs "Ayers Rock". Enfin nous y étions. Nous avions tant attendu ce moment... Après avoir visité le musée du parc, nous avons fait le tour du rocher avec le bus. Nous étions impressionnés par sa taille. De nombreuses légendes aborigènes sont liées aux infractuosités du rocher.
Enfin nous avons rejoint l'énorme troupeau de touristes qui avaient tous sorti tables, chaises et apéros auprès des bus et autres véhicules pour le grand show du soir : le coucher de soleil sur Uluru.

Le lendemain matin, nous avons assisté au même grand spectacle à l'envers puisqu'il s'agissait du lever de soleil. Arnaud était au pied du rocher à ce moment là avec le groupe qui en faisait le tour (7 kms en marchant). Quant à Peggy, elle a vu le lever de soleil d'un point de vue plus éloigné. La silhouette sombre du rocher sacré est devenue magiquement de plus en plus rouge à mesure que le soleil montait. Peggy a rejoint le groupe des marcheurs sur la seconde moitié du tour. Nous nous imaginions au milieu d'un désert de terre rouge mais nous avons été surpris par la verdure : des arbres, des herbes hautes qui ondulaient au vent. Et puis aussi des points d'eau, des petits piafs qui gazouillaient, des fourmis d'au moins deux centimètres, des fleurs... Ca grouillait de vie.
Cette nature verdoyante était encore plus présente à Kata Tjuta, autrement appelé les Monts Olgas. Nous avons randonné sur neuf kilomètres dans cet autre site sacré aborigène à travers des paysages magnifiques.
Le repas (qu'on avait bien mérité !) terminé, nous avons repris la route jusqu'à notre dernier campement, non loin de Kings Canyon. Sur le chemin, nous avons vu des dingos (des espèces de chiens sauvages), des aigles noirs qui se nourrissaient des kangourous écrasés, et un drôle de lézard, le diable épineux, couleur sable qui ressemblait à un dinosaure en jouet à cause des excroissances de sa peau qui faisait comme des épines tout le long de son corps. Arnaud a profité de cette dernière nuit pour dormir à la belle étoile près du feu avec d'autres du groupe. Peggy a eu peur des divers insectes, des scorpions et des serpents qui traînent en Australie.

Durant la matinée de notre dernier jour, le sixième, nous avons randonné tranquillement sur les hauteurs de Kings Canyon où la roche avait des teintes rouges. Le paysage était parsemé de fleurs et d'arbres divers dont deux originaux : un qui servait de savon aux aborigènes et un autre qui était âgé de plus de mille ans (il y avait les mêmes au temps des dinosaures). Nous sommes allés au jardin d'Eden (!!!), une oasis en bas des immenses falaises au creux des gorges.
Le reste de la journée, nous avons roulé jusqu'à Alice Springs.


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