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Bolivie - Potosi


de nous deux, 15-12-2005

Potosí.


Ville à 4070 m d'altitude, fondée en 1545 après la découverte de minerai d'argent dans le Cerro Rico, la montagne qui surplombe la ville. Très vite des mines ont été ouvertes et la ville est devenue une des plus grandes d'Amérique du Sud et même du monde (pendant un temps plus grande que Paris ou Londres à la meme époque). Les richesses des mines d'argent exploitées pendant trois siécles ont attiré du monde à Potosí, le centre ville compte encore actuellement nombres d'édifices religieux ou privés à l'architecture baroque très riche.

Aujourd'hui la ville a perdu de son éclat, elle est plus pauvre, plus populaire, plus solidaire. L'ambiance correspond plus à celle des villes minières du Nord de la France, surtout la nuit, avec le froid qui va avec (même en été, la journée, on met le chauffage et les pulls).
Les couleurs des maisons, dont beaucoup ont un balcon fermé d'aspect colonial, donnent un peu de gaieté aux rues.
La ville était aussi animée par les préparatifs de Noël et par les élections. Elles se sont déroulées le Dimanche où nous y étions. Il faut savoir que les Boliviens sont obligés d'aller voter sous peine de forte amende.
Le candidat élu président, Evo Morales, a eu la majorité absolue (51%) au premier tour, ce qui est déjà rare, et il est de surcroit le premier Amérindien d'Amérique du Sud a accédé à ce poste. Beaucoup d'espoir pour les Boliviens car il souhaite la nationalisation des ressources naturelles du pays, le partage des richesses plutôt que leur fuite vers l'étranger. On pense que les habitants de Potosi y sont sensibles puisque c'est ce qui s'est passé avec les Espagnols et les mines d'argent. Pourtant certains se demandent si la politique de leur nouveau président ne va pas faire fuir les entreprises étrangères, apporter du chômage et faire encore plus de misère.

Nous ne sommes pas allés visiter les mines car on a eu un peu peur des saletés qui y traînent comme le salpêtre, l'amiante, le carbure de calcium ou les particules de dynamite, etc. Ce n'est pas pour rien que l'espérance de vie des mineurs se limite à environ 45 ans ! Ils ont toujours eu la vie dure ici : 6 millions d'Indiens et d'Africains sont morts dans les mines de Potosí (un véritable génocide pour enrichir la couronne espagnole de l'époque)...
Vithanalage (qui voyage avec nous depuis notre premier passage à La Paz et qu'on a tristement quitté en partant de Potosi) et Karine (depuis Sucre) y sont allés et nous ont raconté leurs impressions. Dans les mines, effectivement la vie des mineurs est rude du fait du travail lui-même à casser, à ramasser des roches avec du vieux matériel, à pousser les wagons de plusieurs tonnes, mais aussi du fait du manque de lumière et surtout d'oxygène. Nos copains ont éprouvé des sensations d'étouffement pendant leur visite. Il faisait chaud sous leurs casques et dans leurs combinaisons. Ils ont eu de l'escalade à faire dans les veines et les veinules de la mine. Ils disaient être allés dans un autre monde, peut-être l'enfer... D'autant plus que le moyen des mineurs de faire s'éloigner le mauvais sort, c'est de faire des offrandes au diable lui-même représenté par une statue propre à chaque corporation et qui se tient à l'entrée.

Nous, on s'est contenté de la visite du couvent Santa Teresa et le musée de la Casa de la Moneda.
Au couvent, les jeunes filles de familles riches
rentraient à l'âge de 15 ans et n'en sortaient plus jamais et ne revoyait plus leur famille qu'à travers un rideau opaque et des grilles une fois par mois. Mais elles-mêmes et leur famille étaient trés fiers de ce "privilège" car peu de jeunes filles étaient élues à vivre cette vie de sainte !
Dans les deux musées, il y a de l'art religieux en abondance. On se rend compte que les Indiens ont mélangé leurs croyances au christianisme dans leurs peintures ou sculptures. La Vierge Marie fait penser à la Pachamama.
A la Casa de la Moneda, on trouve aussi des pièces de monnaie en argent et toutes sortes de machines qui ont servi à frapper la monnaie. On a appris qu'aujourd'hui les pièces de monnaie bolivienne étaient frappées à Madrid (ironie du sort, c'est le contraire d'il y a quelques siècles) et les billets étaient imprimés à Chantepie (juste à coté de Rennes).


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