
Sucre est la capitale constitutionnelle de la Bolivie. C'est ici qu'a été signée l'indépendance de la Bolivie en 1825, appelée ainsi en hommage à son libérateur Simon Bolivar.
Comme pourrait le suggérer son nom (que l'on prononce "soucré"), il fait doux y être de passage. Nous avons fini de nous soigner là-bas. C'est une très jolie ville d'architecture coloniale avec des bâtiments tout blancs aux toits de tuiles oranges. Beaucoup de jardins publics avec beaucoup de la verdure dont un avec une espèce de petite Tour Eiffel. Les étudiants y révisent leurs examens car nous sommes en fin d'année scolaire. Les amoureux s'embrassent longuement sur les bancs publics de ces parcs où les p'tits oiseaux gazouillent gaiement.
Comble du bonheur pour nous, l'Alliance Française a un restaurant français ! A nous les salades de chèvre chaud ou les steaks au roquefort...
Cher fromage si tu savais à quel point tu nous manques !
A l'entrée de la ville, dans une cimenterie, en Octobre 1994 a été découvert un immense mur de plusieurs centaines de mètres de long où apparaissent 5000 empreintes de 320 sortes de dinosaures différents. Il y a 68 millions d'années, ces dinosaures sont venus au bord de la plage d'un lac qui peu de temps après a été recouvert par l'éruption d'un volcan. Du coup, les traces laissées par ces "animaux" ont pu être en quelque sorte fossilisées. Et c'est en déminant et en creusant le terrain que la cimenterie a mis à jour ces empreintes. Il y a aussi des restes (empreintes ou fossiles) d'algues, de poissons ou de crocodiles. Les dinosaures principaux sont le titanosaurus, l'ankylosaurus, le carnotaurus et le kritosaurus. Vraiment très impressionnant !
Peggy a assisté à une messe dans l'église San Francisco parce qu'elle est réputée pour son originalité. En effet, non seulement à cause des va-et-vient incessants des gens, les enfants qui courent dans l'église (ce qui contraste avec le silence des églises en France), mais aussi la cérémonie en elle-même : pas d'orgue mais une guitare électrique, un prêtre très convaincu et convaincant emporté dans son discours, qui demande aux gens de répéter certaines phrases qu'il vient de dire, des applaudissements, des bises, des serrages de mains entre toutes les générations dans une église pleine à craquer où même Dieu est représenté en statue. Une ambiance du tonnerre quoi !!
La ville, comme toutes les autres d'ailleurs, est en effervescence à l'approche des élections présidentielles. Pour convaincre les électeurs, les discours ne suffisent pas. On voit des publicités sur les chaînes de télévisions boliviennes vendant/vantant les mérites de chaque candidat. En ville, on assiste à des défilés comme à Carnaval avec des fanfares, des bougies, des pétards, des drapeaux du parti, des cadeaux (t-shirts, chapeaux ou casquettes, fleurs comme sur le Tour de France). Même Che Guevara (pourtant argentin et tué en Bolivie) est ressorti et brandi pour l'occasion ! Il y a aussi des défilés à vélo, des lâchers de prospectus à l'effigie du candidat par avion, des concerts gratuits avec le groupe rock star du moment ou des musiciens plus traditionnels. Et chaque parti a sa propre couleur (analphabétisme oblige) et son hymne, une chanson à la fois moderne et folklorique, qu'on entend sans arrêt à tue-tête dans les rues. A force de les entendre, nous en connaissons l'air par coeur. On voit beaucoup de drapeaux sur les voitures ou les maisons, même en campagne.
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