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Chili - Villarrica


de nous deux, 05-01-2006

Villarrica


Ce n'est plus la puissante sirène des gros bateaux comme c'était le cas à La Serena qui accompagnent nos petits déjeuners mais le tic-tac d'un coucou suisse qui apparaît chaque demi-heure. En effet nous logeons dans un hôtel tenu par deux suisses allemands, Claudia et Beat qui avaient entamé un tour du monde en vélo il y a un peu plus de 10 ans et qui se sont posés ici dans ce paysage qui rappelle un peu leur pays. On se souviendra longtemps des petits déj' de Claudia (fruits du jardin, pain fait elle-même, confitures et yaouth aussi, etc) !
Dans cette auberge nous avons beaucoup ri avec Anne-Marie (qui imite magnifiquement le cheval !) et avec George. Ce dernier est anglais, il a une bonne cinquantaine d'années et il a décidé de voyager seul en vélo entre le grand sud de L'Amérique, la Patagonie, jusqu'au grand nord en Alaska, en passant par le désert d'Atacama et le Salar d'Uyuni !!!

A Villarrica, la région est si verte, si bucolique ! Quand on a ouvert les yeux dans le train qui nous menait de Santiago à Temuco, on s'est demandé pendant quelques secondes si on n'était pas dans le TGV qui nous ramenait en Bretagne : des prairies, des champs, des petits bosquets, tout si vert, et la pluie ! La dernière ondée qu'on avait subie était à Potosí.

A Villarrica au bord du grand lac du même nom, que de fleurs sur les bords des rues, dans les jardins, partout. Peggy pose son nez sur (presque) tous les rosiers et il y en a tous les trois mètres ! Les maisons ont des allures entre "Heidi" et "la petite maison dans la prairie". Toute cette végétation pousse non seulement grâce au climat (alternativement pluvieux et ensoleillé sous des températures clémentes) mais aussi grâce à une terre rendue fertile par le volcan. Celui-ci est le plus actif du Chili. L'éruption de 1964 a détruit le village de Coñaripe et a été mortelle. Régulièrement, des coulées de lave s'en échappent. On peut parfois voir des lumières rouges en son sommet la nuit venue.

Cela étant, on a quand même décidé de tenter son ascension organisée avec des guides alpinistes. Donc, le Samedi 07, debout 05h30, K.O. mais bien excités par ce qui nous attendait. De l'alpinisme, on en avait jamais fait et qui plus est sur un volcan bouillant !!!
Donc, dans l'allégresse, on s'est retrouvé à l'agence à enfiler les chaussures de montagne, on a appris à mettre les guêtres (protégeant chaussures et le pantalon au niveau des mollets) et on a vérifié que nos sacs à dos contenaient bien bonnet, gants, sur-pantalons, veste, casque de chantier, piolet et crampons (plus protections solaires et repas). Et hop, dans le mini-bus en route pour l'aventure !
Mais arrivés au télésiège, les guides nous ont expliqué que ce serait impossible de monter. Ohhh déception ! Tout ça à cause de la dépression "El Niño", en français "le garçon", une masse d'eaux chaudes qui traverse le Pacifique, se charge de pluies, et amène ses nuages jusqu'ici. Ce garnement aurait mieux fait de ne pas jouer dehors !

Mais comme on est persévérant, on a décidé d'attendre la semaine suivante qui était annoncée plus ensoleillée. Donc, Mercredi 11, nous voilà repartis. Et cette fois, arrivés au télésiège, l'endroit décisif, les guides ont nous indiqué de nous tenir prêts à grimper. Après quelques froides minutes sur le télésiège à admirer le paysage, nous avons atteint la base de l'ascension proprement dite. Et c'est là qu'a commencé l'aventure. Nous entrions dans les nuages qui entouraient le volcan ce jour là. Marcher dans la neige aidés de nos piolets dans le rythme de notre respiration et de nos pas qui se calquaient sur ceux des guides, déséquilibrés par le vent qui entrait jusque dans nos vêtements pourtant bien épais, nos visages rougis par le froid, nos doigts de pieds et de mains tout engourdis voire carrément gelés, la goutte au nez, nous nous sentions bien vivants !
Mais le volcan (dont le nom Mapuche signifie "la maison de Diable") avait décidé qu'il ne voulait pas de nous à son sommet. En effet, après avoir grimpé pendant 3h dans ce vent, ce froid et ce brouillard, nos guides nous ont signalé que nous devions rebrousser chemin. En effet, selon les groupes déjà arrivés au sommet (ils communiquaient par radio), le temps y était pire, on y voyait rien. Ceux qu'on voyait redescendre étaient congelés avec des petits stalagtites dans les cheveux et la barbe. On était à environ 150 m du sommet pourtant (en altitude pas en distance soit entre 30 minutes et 1 heure de marche encore). La descente était plus difficile que la montée, les glissades répétées réveillant les vieilles douleurs aux genoux (et à la cheville pour Arnaud) excepté les moments où nous nous sommes laissés glisser sur les fesses sur des dizaines de mètres. Un toboggan naturel bien sympa sauf quand le froid et l'humidité ont réussi à passer l'épaisseur des deux pantalons et du slip : on avait le cul complétement gelé !!!

Malgré notre déception de ne pas avoir vu le cratère après tant d'efforts, l'expérience reste inoubliable et en appelle d'autres du même genre.

Et pour en rajouter, ce satané volcan nous a nargué le lendemain et le surlendemain en s'affichant sans aucun nuage !!!

Cependant, il ne nous a pas fait que des misères puisque la région de Villarrica est parsemée de sources d'eaux chaudes qui ont été aménagées en thermes. Et là, quel délice pour le corps que de se baigner et de se relaxer dans ces grands bains chauds pendant des heures. Petra et Mario (suissesse et autrichien) nous ont conduit aux "termas geometricas" qui sont difficiles d'accès (pas de bus) car elles se situent en pleine nature dans une belle forêt. La surface des "piscines" à ciel ouvert était couverte de vapeur.

Enfin, nous avons passé une belle journée ensoleillée au parc national "Huerquehue". Sept heures de marche à travers les sentiers pentus de cette forêt pour atteindre trois petits lacs : des grands et vieux arbres, des bambous, des fougères, des arbustes de fuschias, des campanules et des tas d'autres petites fleurs, des mousses, des sous-bois qui sentent bon, des petits bruits de sources, des cascades en marge du chemin, des lézards (marrons, verts et bleus) qui se doraient la pillule, des oiseaux dont le chant nous était inconnu jusque là, les lacs calmes dont l'eau limpide et émeraude nous laisse apercevoir des poissons, des ruisseaux qu'on traverse nus-pieds (quand on se trompe de chemin). Mais quel bonheur d'enlever les grosses chaussures de rando pour mettre les pieds dans l'eau froide. Sauf quand on s'est fait charger par un ou plusieurs insectes gros comme des bourdons avec un lourd bruit d'ailes ! Idem, au moment où nous avons voulu pique-niquer au bord du lac, on a dû partir en courant pour y échapper (vous vous imaginez un peu : deux zozos courant sandwichs à la main à travers la forêt !). Nous avons appris ensuite qu'il s'agissait de taons. On était bien content de ne pas avoir été piqué car si les piqûres étaient proportionnelles à la taille de l'insecte, on aurait douillé !!!
Et en toile de fond, ce [censuré] de volcan qui nous narguait une fois de plus car il n'était entouré de strictement aucun nuage ! Quelle vue !


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