
La langue est vraiment une barrière. Et nous n'avons pas pensé au petit "phrasebook", mini dictionnaire de traduction.
Pourtant ça n'aurait pas encore été suffisant à la gare de Pékin. Voici l'histoire. Dès notre arrivée à Pékin, nous avons voulu nous renseigner sur les possibilités de rejoindre Ulaan Bataar, la capitale de la Mongolie. Ca a été sportif et c'est peu de le dire !
Le plus simple nous paraissait être le train "Transmongolien" qui relie Beijing à la frontière nord de la Mongolie via Ulaan Bataar et dont la ligne se poursuit sur celle du "Transsibérien" (qui va jusqu'à Moscou ; trajet que nous avions espéré réaliser en préparant notre tour du monde). Donc, où aller acheter le billet ? Quels jours y-a-t'il des départs ? Comment savoir s'il reste de la place ? Etc... Bref, sans trop de difficultés linguistiques mais au bout de deux après-midi de métro et de marche à pied entre différents bureaux, nous apprenons qu'il n'y a plus de places avant le 18 Juillet.
OK, donc trouver un plan B. Il existerait d'autres trains, indirects. Nouvelles infos à rechercher : de quelle ville à quelle ville ? comment passer la frontière ? où acheter le billet ? jours, horaires, prix, durée du trajet ? reste-t'il des places ? faut-il réserver longtemps à l'avance ? etc...
Après avoir collecté ces infos, ce qui a nécessité un certain nombre de jours, le défi ultime était d'aller les acheter. Prévoyant qu'on était, on s'était fait tout écrire en chinois. Mais on s'est fait balladé d'un guichet à un autre en oubliant pas qu'à chaque fois il y a une queue d'environ une demi-heure... Pour que l'unique personne qui bafouillait de l'anglais nous dise "No ticket" et qu'une horde de chinois nous passe devant avant qu'on ait pu demander quoi que ce soit d'autre !!! Michael et Mathilde, fraîchement arrivés de France, ont halluciné en partageant ce calvaire. D'autres voyageurs nous ont aussi relaté leurs expériences d'achat de billets de train à Pékin et ce fut à peu près du même ordre que nous, sauf lorsqu'ils avaient la chance de parler chinois ou d'être accompagnés par quelqu'un qui parlait chinois. Parce que quand même il faut le dire, la plupart des employés aux guichets des chemins de fer chinois ont une bonne dose de mauvaise foi et ne font aucun effort.
Mais nous n'avions pas dit notre dernier mot ! Nous nous sommes adressés à une agence de voyages locale pour acheter les billets que nous n'avions pu obtenir nous-mêmes. Et eux aussi ont eu du mal pour finalement nous proposer du bus jusqu'à la frontière puis du train jusqu'à Ulaan Bataar. Notre hôtel proposait également cette formule mais en moins cher.
Ce qui est incroyable, c'est qu'en 24 heures, l'hôtel trouve des places là où nous avons galéré des jours et des jours !!! Il nous est apparu, mais peut-être qu'on se trompe, que la corruption soit toujours un système efficace dans certaines parties du monde... On en a donc conclu que pour un futur retour possible en Chine, soit on se met au chinois soit on se joint à un groupe en tour organisé (ce qui ne nous enchanterait vraiment pas) ! Si d'autres voyageurs ont su faire autrement, qu'ils nous expliquent.
Enfin, au passage de la frontière sino-mongole, les douaniers chinois nous ont prouvé jusqu'au bout qu'il était indispensable d'être un mouton en Chine : bien se tenir derrière la ligne, debout, bien les uns derrière les autres et attendre qu'on vous appelle, sinon ?!...
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