
Résumons donc : Jodhpur la ville bleue, Jaisalmer la ville dorée et maintenant Jaipur la ville rose... Enfin on l'a trouvée plus marron que rose cette ville. On ne s'y est pas vraiment plu. On l'a trouvée plutôt sale et puante. D'autant plus qu'ici aussi, quelques gouttes de pluie ont commencé à draîner les détritus dans les rues. Le temps était lourd et orageux, mais bon la pluie a quand même rafraîchi la température.
Bien entendu, nous avons aimé certains moments de nos escapades tels que les odeurs de thé quand on passe devant une boutique, les sacs colorés d'épices, de riz et de lentilles, les marchands de colliers de fleurs devant les temples, les portes de la vieille ville, la façade du palais des vents, les familles de singes qui passent de toits en toits et qui regardent stoïquement l'animation frénétique des rues, être transportés en vélo-rickshaw à petite vitesse et sans klaxonner, les "hello" sincères et désintéressés de nombreuses personnes (ce qui n'est pas le cas des nombreux marchands et rickshaw-men qui finissent par devenir casse-pieds). En fait concrètement, cela équivaut à une moyenne d'un "hello" toutes les dix secondes vu la surpopulation. Imaginez donc une balade de trois heures en ville...
Il y a un soir où nous avons eu besoin de calme et de bien manger. Alors on s'est offert un resto super "chic"... pour 658 roupies, soit environ 12 euros ! Un resto de cette classe en France nous aurait coûté au moins dix fois plus.
Voici quelques autres exemples de prix en Inde :
-au Rajasthan, on dormait pour 150 roupies soit environ 2,50 euros dans une chambre double avec salle de bain privée et ventilateur (notre grand copain) ou rafraîchisseur d'air (notre super copain) ; bien sûr, ce n'est pas toujours très propre... mais on est en Inde !
-un CD de musique de film à 2,70 euros ;
-on mangeait pour environ 100 à 150 roupies à deux soit 1,80 à 2,70 euros ;
-un régime de bananes à 0,35 euros, deux melons de taille moyenne à 0,21 euros ou un Coca au bar à 0,26 euros, tout ça étant bien sûr les prix "touristes" donc majorés par rapport au prix normal.
Nous sommes allés au cinéma "Rajmandir" voir le film à la mode en ce moment : "Fanaa", en hindi bien sûr et sans sous-titres évidemment, mais qu'on a tout compris quand même. Le film durait au moins trois heures comme tout bon film indien qui se respecte, et avec toujours un entracte. Est-ce qu'on vous avait déjà dit que l'industrie cinématographique indienne est la plus productive du monde ?
Contrairement à la précédente séance à Bombay, pas d'hymne national mais une salle bondée, un film qui commence directement alors que les gens ne sont pas encore tous installés. Pendant le film, des gens causent sur leur portable ou entre eux et à chaque bonne réplique des acteurs, ils applaudissent. Beaucoup d'Indiens sortent de la salle avant la fin du film. La déco de la salle était digne d'une salle d'opéra, rétro et kitsch mais charmante. Nous avons passé un bon moment !
Pour notre dernière soirée, contrairement à ce qu'on avait prévu, c'est-à-dire aller au resto, nous avons été pris en chemin dans le tourbillon d'un mariage. Il s'agissait du cortège menant le futur marié vers sa fiancée. Pour l'occasion, il était habillé comme un prince et montait un cheval lui aussi joliment paré. Toute sa famille
le précédait ainsi qu'une fanfare, et c'est là qu'on a été pris au "piège" puisqu'on a accepté de danser avec eux sur les rythmes endiablés de la musique. Puis ils nous ont invités à assister au mariage. Au départ on était bien gêné, on ne savait pas si on pouvait accepter mais quand on est arrivé chez la prétendante et qu'on a vu le nombre d'invités (plusieurs centaines), on s'est détendu. Bien sûr, nos tronches de blanc-becs, crados et mal habillés ne passaient pas inaperçues au milieu de l'assemblée qui s'était mise sur son 31. Les femmes notamment étaient parées de saris magnifiques tout brillants et colorés, et portaient toute la panoplie des bijoux à l'indienne (cheveux et front, plusieurs boucles d'oreilles, de nez, colliers, broches à saris, nombreux bracelets, bagues, bracelets de chevilles et bagues de pieds).
C'était évidemment un mariage arrangé (comme 90% des mariages en Inde selon un des amis du marié) et la jeune femme n'avait pas l'air spécialement heureuse. La cérémonie se passait sous un dais et le "prêtre" chantait et faisait des gestes symboliques en s'aidant d'objets eux aussi symboliques (souvent de la nourriture) qui sont restés un mystère pour nous. Cette cérémonie s'est déroulée vers 2h du matin alors que la plupart des convives était déjà partie, laissant derrière eux une pelouse maculée de détritus des restes du repas (autant dire que c'était dégueulasse) et que ceux qui étaient restés dormaient à moitié ou totalement. Nous étions très heureux d'avoir eu la chance d'assister à un mariage indien.
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