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Mongolie - Vallée de l'Orkhon


de nous deux, 22-07-2006

Rando dans la vallée de l'Orkhon ou "Les aventures des pieds niqués dans la vallée de l'Orkhon"


Cette rando, nous l'attendions depuis longtemps. En fait, c'est ce qui motivait notre venue en Mongolie.

Une jeep façon soviétique, nous (Michaël, Mathilde et nous deux) a conduits de Karakorum au monastère Tovkhon Khiid situé à plus de 70 kms à l'ouest, sur une piste plus ou moins caillouteuse, et en arrivant au monastère franchement boueuse. La jeep a également traversé la rivière Orkhon. Nous avions prévu de revenir à pied en longeant cette rivière.

Ce petit monastère bouddhiste est perché sur un rocher et offre ainsi aux pélerins et aux visiteurs une belle vue sur les collines et vallées environnantes. Son isolement en fait un lieu propice à la méditation. De plus, il se trouve dans le Parc National naturel de Khangai Nuruu.

Le poids de nos sacs à dos, un bon rythme de marche, la pluie du premier jour, la chaleur écrasante de la journée, de magnifiques ampoules aux pieds dès le deuxième jour n'ont pas rendu la tâche facile ... Il y a même eu des tensions entre nous. Mais les paysages nous poussaient toujours plus avant : des forêts de conifères puis des champs de fleurs puis de la steppe herbeuse qui se déroule à perte de vue sur les collines autour de la rivière. Vraiment magnifique !

Cette rivière nous était vitale : pour la préparation de nos repas et surtout le ravitaillement en eau de la journée. C'est aussi là que les gens de cette vallée s'approvisionnaient. Non pas qu'elle soit bien claire cette eau... Nous avions une petite pompe qui la filtrait et on la purifiait avec des pastilles car le bétail s'abreuve là et se rafraîchit en traversant cette rivière. De nombreux et grands troupeaux de chèvres, moutons, chevaux, vaches et yaks.

D'ailleurs, on se souviendra longtemps du bruit que font les troupeaux de chevaux au galop qui arrivent, passent et s'éloignent. Ou les bêlements de centaines de chèvres qui descendent vers la rivière en soulevant un nuage de poussières.

Ces cinq jours de marche ont été ponctués par de nombreuses rencontres fort sympathiques. Toutes les familles de nomades mongols vivent dans des yourtes qu'ils déplacent pour renouveler les pâtures de leurs troupeaux.
Et toujours le même accueil bienveillant : dès qu'on nous invitait à rentrer dans la yourte, chaque membre de la famille cessait ses activités et venait aussi s'asseoir ; on nous offrait de l'airag (lait de jument fermenté), du fromage à différents stades de séchage et parfois un genre de yaourt, de la crème de lait, du thé au lait salé ou de la vodka. Avant d'entamer cette rando, nous redoutions tous ces produits car leurs réputations les avaient précédés mais finalement on était bien content de croquer un morceau (sauf Arnaud qui n'a pu s'y faire) pour repartir de plus belle.

Sur le parcours, il y a même une petite dame qui nous a couru après avec son pot d'airag pour nous en offrir ! Transposez ça chez nous et imaginez vous courir après un voyageur pour lui offrir un petit canon juste parce qu'il est passé devant chez vous...

Les familles nous regardaient toujours avec curiosité et le phrasebook de Michaël et Mathilde a permis d'échanger quelques paroles. Certains devaient quand même des fois se dire que nous étions un peu frapadingues de marcher alors que nous pouvions voyager à cheval, ce qui est évident et inné pour eux.

Dans "notre première yourte", celle à côté de laquelle nous avons campé la première nuit, tout semblait traditionnel et authentique : les activités, les habits, le mobilier (le poêle à bois au centre de la yourte, de part et d'autre des lits qui servent aussi de chaises, le coin du garde-manger, le coin des ancêtres et des prières). Et aucun instrument électrique ou électronique. C'est la famille qui a le plus cherché à communiquer, notamment pendant que l'eau pour notre soupe chauffait sur leur poêle. Ils nous ont aussi donné un coup de main dans le montage des tentes !

Plus on s'approchait de la ville de Karakorum, plus on trouvait des équipements modernes à l'intérieur des yourtes : panneaux solaires, antenne satellite, tv, lecteur dvd ou jeux vidéos, téléphones portables.

Un midi, pendant notre grande pause, nous avions remonté nos tentes car l'humidité de la nuit n'a pu sècher avant notre départ matinal. Un vieil homme est arrivé à cheval, en est descendu, l'a attaché et est directement rentré s'asseoir dans la "yourte" de Mathilde et Michaël. Nous étions bien surpris ! D'autant plus qu'il n'a pas dit un mot ou fait un geste dans notre direction et qu'il ne semblait pas être en bon état (malade? alcoolisé?). Au début on a pensé qu'il venait visiter une tente igloo, mais il attendait certainement qu'on lui serve un bol d'airag. Nous étions embêtés car nos repas (bien rationnés) étaient en train de cuire. On a trouvé des gâteaux qu'il a mangé du bout des lèvres, et il est reparti comme il était arrivé.

Nous avons aussi rencontré une famille qui nous a aidé sans hésiter à retraverser la rivière avec leur jeep. Mathilde et Michaël l'ont courageusement fait à pied... mais pas nous...
Arrivés sur l'autre rive, les enfants se sont amusés à soupeser et à porter nos sacs à dos et on a bien rigolé ! On leur a donné nos bonbons et ils nous ont invités à partager leur pique-nique, soit de la soupe de mouton bouilli. Et chacun a repris son chemin avec des grands au-revoir ! A combien tenaient-ils dans leur jeep russe ? Plus de vingt personnes, c'est sûr.

En dehors de ces rencontres, nous n'avons croisé vraiment personne et ça c'était chouette ! Que la nature avec un grand N...

Nous avons vu aussi des animaux sauvages : des marmottes ou chiens de prairie, des rapaces (aigles, vautours) et des centaines d'insectes tous plus bizarres les uns que les autres. Il y a des endroits où à chaque pas des dizaines de sauterelles s'envolaient.

Le soir, Mathilde ne manquait pas d'allumer un bon feu avec les quelques branchages qu'on trouvait. Nous chauffions notre repas dessus. Parfois nous regardions l'immensité étoilée avec admiration et humilité.

Cette randonnée reste assurément un des meilleurs souvenirs de notre tour du monde !


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