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1. LA décision
 
 

    C'est ce qui a été le plus difficile... On a tous d'excellentes raisons de rester si on prend le temps de se pencher sur la question. Et puis, notre dernier voyage a fini de nous convaincre. On a trouvé une multitude de bonnes raisons de réaliser un tour du monde. Et de plus en plus.

Déjà, nous partons toujours sur une quinzaine de jours et c'est court, on court ! On aperçoit mais on ne s'imprègne que peu du lieu visité. De même les rencontres sont brèves. Donc prendre le temps est un motif à lui tout seul. Le temps est un grand luxe ! Prendre le temps de vivre et de rêver. Une pause, une parenthèse. Prendre le temps de ces petits bonheurs à côté desquels on passe habituellement, sans les voir. Prendre le temps de souffler, de s'écouter et d'écouter. Apprendre à se connaître encore plus l'un l'autre (même si 24h sur 24h ensemble ne promet pas que la vie soit rose tous les jours !!).

On ne sera ni plus heureux, ni moins heureux qu'aujourd'hui, simplement enrichis d'expériences nouvelles. En ça nous avons de la chance. Donc provoquer de nouvelles expériences puisqu'on est si vite dans des chaussons d'habitudes et que tout le monde convient que la vie est courte.

Partir pour l'originalité du projet ? Certains pensent que oui. Il faut convenir que parfois ça flatte l'égo de le penser. Néanmoins, vu le nombre de voyageurs, c'est loin d'être original ! En France, ça devient plus courant et on a moins l'air d'extraterrestres quand on parle de tour du monde. Dans les pays anglo-saxons, en Israël et d'autres pays encore, c'est quand on ne part pas comme ça qu'on nous regarde bizarrement. Tout est relatif ! Ce sont des tourdumondistes voisins qui ont déclenché l'étincelle de la tentation et de la réflexion...

Partir pour l'aventure ? Pas l'aventure au sens de la recherche d'adrénaline et du danger. En effet, le voyage n'a jamais été aussi simple qu'aujourd'hui (transports, hébergements, guides de voyages, tarifs, ...). Sans compter qu'internet est un outil de préparation formidable et surtout un moyen de rester en contact quasi permanent avec nos familles. De plus, les pays choisis apparaissent actuellement plutôt stables politiquement et nous prendrons grand soin de notre santé si précieuse. Etant en pleine santé, ce sera comme une année de retraite anticipée dont on va pouvoir profiter (si jamais nous devions travailler jusqu'à 90 ans!). Heureusement, les lois françaises autorisent aux salariés ce que peu de gens dans d'autres pays peuvent se permettre, à savoir un congé sabbatique avec l'assurance de retrouver son emploi en rentrant. Enfin, la trentaine nous permet aussi d'avoir la tête sur les épaules et de ne pas être aussi dingues qu'avec dix/quinze ans de moins. De toutes manières sur une année de vie en général, il y a toujours des surprises, bonnes et mauvaises. Pourquoi cela serait-il différent pendant cette année-là ? L'aventure, peut-être, au sens où nous aurons l'illusion de la liberté. L'aventure car nous allons modifier nos habitudes quotidiennes, changer nos repères et on ne sait pas comment. Mais c'est aussi le but du jeu ! Se simplifier la vie : mettre de côté les ''il faut que je'', les codes, mots de passe (quoique), numéros de sécu, d'affiliation, d'identifiant, d'enregistrement, et autres contraintes... Notre voyage n'est pas une fuite. Nous vivons heureux. Et de toutes façons ce qu'on a dans la tête ici, nous l'emmènerons avec nous. On va seulement pouvoir s'encombrer la mémoire avec quelque chose d'autre.

Partir par curiosité ? Bien sûr ! Paysages différents, façons de vivre où les systèmes de valeurs ne sont pas les mêmes. Apprendre de l'histoire des pays pour tenter de regarder autrement les événements mondiaux. Prendre le temps de regarder au-delà de notre nombril (comme trop souvent, comme par exemple au 20h d'une certaine chaîne de télé). Etre spectateurs de vies autres. Et s'humaniser plus qu'on ne l'est déjà. Rechercher des valeurs universelles. Rechercher (retrouver?) l'essentiel.

Donc partir aussi pour modifier nos habitudes matérielles. Privilégier le verbe ''être'' et se délester du verbe ''avoir''. Eveiller nos sens, les cinq, et se sentir vivants ! Partir pour les souvenirs.

Finalement, il s'agit de partir pour réaliser un rêve. Une sorte de ''carpe diem''. C'est un projet qui enthousiasme, qui stimule, qui active, qui donne pour le moment un sens à la vie.

Et une fois que LA décision a été prise, il n'y avait plus qu'à !!

Ce chapitre, nous l'espérons, vous montrera qu'il s'agit plus d'une question de choix que d'une question de chance. Certains choississent de devenir propriétaires (maison, voiture, ...), nous non, pas pour l'instant. D'autres vivent la merveilleuse aventure de la parentalité, nous non, pas encore. Etc. Bref, nous attendons beaucoup de notre projet, mais parallèlement on n'en attend rien. On verra. Quelques temps après être rentrés, nous pourrons peut-être prendre du recul et comprendre pourquoi nous sommes partis...


2. Les entraînements 
 
 

    Arnaud (en famille ou avec le boulot):

-1984 : Ex-Yougoslavie

-1986 : Londres (séjour chez un correspondant)

-1986 : Ex-Yougoslavie

-1988 : Québec + New-York

-1992 : Florence et la Toscane

-1995 : Baléares (expérience malheureuse dans le monde du travail)

-1996 : Grèce (Péloponnèse)

-1999 : USA (Côte Ouest)

-1999 : Martinique, Guadeloupe

-2001 : Madagascar

-2003 : Maroc (ascension du Toubkal + Marrakech)

-2003 : Egypte (croisière Louxor-Assouan)

(Sans compter les différentes régions françaises déjà visitées)

 

    Peggy :

-1977 et 1982 : Portugal (merci Tonton!)

-1980 : Angleterre (Colchester)

-1989 : Angleterre (Alton, échange scolaire)

-1990 : Allemagne (Bonn, voyage scolaire)

-1992 : Espagne (Andalousie)

-199? : Allemagne, Pays-Bas

-199? : Portugal

-199? : Belgique

-1996 : Espagne (Valencia)

 

    Ensemble :

-1996 : Angleterre (Londres)

-1997 : Pays-Bas (Amsterdam)

-1997 : Tunisie

-1998 : Réunion-Ile Maurice

-1999 : Italie (Venise)

-2000 : Pérou

-2000 : Guadeloupe

-2001 : Sardaigne (Italie)

-2001 : Mexique

-2002 : Inde (de Delhi vers les sources du Gange)

-2003 : Algérie (Tassili N'Addjer)

-2003 : Nouvelle-Zélande

-2004 : République Tchèque (Prague)

-2004 : Maroc (Fès)

-2004 : Népal

-2004 : Argentine

 

    Voyager, ça n'est pas inné, ça s'apprend.

Au premier voyage, l'inconnu est attirant et en même temps donne la trouille. On a eu la chance de pouvoir partir dans des pays d'Europe et de culture occidentale avant d'aller dans des pays où la culture et le niveau de vie sont différents de chez nous.

Au fur et à mesure, on acquiert des ''tactiques'' de voyageurs (aller vers les autres, comment trouver un logement, comment trouver un moyen de transport,  améliorer les langues vivantes que nous parlons, comment négocier sur place, comment planquer son argent, ...) puisque nous n'aimons pas voyager en groupe. Autant d'astuces que nous apprenons nous-même au fil des expériences ou qui ont été échangées en faisant un bout de chemin avec d'autres voyageurs.

On s'habitue progressivement à la différence... Mais en même temps ça donne toujours envie d'aller voir plus loin. Voyager est devenue une drogue pour nous ! Et on se demande bien quel type de voyage nous pourrons faire après, ce qui pourra être plus intense qu'un tour du monde !!!



3- Dix mois de préparatifs
 
 

    La première étape a été d'acheter l'excellent bouquin "Partir autour du monde" chez A.B.M. (= Aventure du Bout du Monde, une asso de voyageurs) et de le lire. Les tourdumondistes et autres voyageurs nous ont aussi filé de bons tuyaux !

Ensuite, on s'est fait un classeur qui nous a permis de nous organiser en notant mois par mois les démarches à faire, et de regrouper toutes les infos, tous les documents nécessaires au projet. Les rubriques étaient les suivantes :

-les démarches concernant la santé (rendez-vous à l'Institut Pasteur à Paris, vaccins, trousses à pharmacie, ...) ;

-les transmissions et les mises à jour professionnelles (trouver une remplaçante sympa et compétente, trouver quelqu'un de confiance pour continuer à régler les factures pendant notre absence, préparer la compta pour la déclaration d'impôts de l'an prochain, ...) ;

-les obligations administratives (passeports, permis international, visas, ...) ;

A NOTER : il existe un service aux impôts pour les non-résidents itinérants (donc nous puisqu'on est S.D.F.), qu'on se le dise ! C'est rue d'Uzès à Paris ;

-les réflexions à propos de l'équipement à emmener et constitution ;

-la recherche et la mise en place de différents moyens de rester en contact avec nos proches pendant le voyage (notamment ce site) et de stocker nos photos (finalement nous avons opté pour le numérique, en gravant des CD régulièrement et en double : un qu'on envoie en France et un qu'on garde dans notre sac à dos) ;

-trouver la meilleure solution pour l'appartement (le laisser, le garder ? sous-locataires ? comment faire le déménagement ? garde-meubles ? braderie ? dons ? que faire de la 4L ?...), finalement on a laissé l'appartement après l'avoir retapé (on voulait récupérer la caution), la voiture est partie à la casse (après moults pleurs...12 ans de vie commune ça ne s'oublie pas comme ça !) et nos pauvres parents ont hérité des cartons (les mercis ne seront jamais assez suffisants) (idem pour les courageux bras qui nous ont aidés) ... ;

-le voyage lui-même (imaginer l'itinéraire, achat des "billets tour du monde", contacter les offices de tourisme des pays, surfer sur le net, ...) ;

Donc une préparation pendant laquelle la tension est montée progressivement, l'activité mentale et physique paralèllement. Mais maintenant qu'on est parti on sait pourquoi on s'est fait ch... comme ça !!!


4. L'équipement 
 
 

    Voici  nos bagages le 12 octobre 2005 :

 -Grands sacs à dos et petits de journées : nous avons choisi des sacs qui s'ouvrent tout du long avec une grande fermeture éclair) pour éviter d'avoir à sortir toutes les affaires si on a besoin de quelque chose qui se trouve au fond. Des sacs dont les bretelles peuvent être protégées par quelque chose (là c'était un bout de tissu du sac qu'on pouvait remettre par dessus grâce à une fermeture éclair) car sinon les sacs deviennent vite sales dans les coffres des bus ou sous les sièges des trains. Enfin, des sacs qui ont des languettes de fermeture éclair qui laissent passer un gros cadenas dont l'utilité est peut-être plus dans nos têtes que réellement pragmatique.

-Pochette et ceinture banane non visibles.

-Sacs plastiques zip et classiques (linge sale, chaussures, cailloux, shampoing et autres flacons pendant l'avion, ...).

-Documents officiels : passeports, permis de conduire national et international, billets d'avion, carnet international de certificats de vaccination, certificat d'assurance/assistance, cartes bancaires (une mastercard et une visa = deux réseaux différents au cas où l'un ne fonctionnerait pas + noter les numéros de CB et les démarche à suivre en cas de perte ou de vol), photos d'identités pour les visas qu'on demandera en cours de route, ...

Doubles de ces documents : photocopies certifiées (avec nous et en France), ou scannés et envoyés sur notre adresse e-mail.

-Des euros. 

-Papier à garder tout le temps sur soi en cas d'accident, rédigé en anglais ''In case of emergency'' avec identité, coordonnées de l'assurance/assistance, groupe sanguin, qui joindre en France, ...

-Guides de voyage et petits post-it pour marquer les pages, bouquins (romans, etc) en français.

-Stylo et critérium, gomme, calculatrice, ciseaux, baton de colle, mini-crayons de couleurs, peinture, feuilles, jeu de cartes, scrabble de poche.

-Cahier à couverture renforcée (merci les copines !) dans lequel nous avons mis entre autres : une mini-carte du monde, des photos de nos familles, de nos proches et des clichés de chez nous (ex : la Tour Eiffel, la côte bretonne, les vieilles maisons du centre de Rennes), un petit calendrier. On y notait un petit lexique, les taux de change approximatifs, nos comptes, les temps de trajet, les décalages horaires, des recettes, ...

-Une montre-réveil.

-Deux lampes frontales.

-Un lecteur minidisc, disques pré-enregistrés de nos musique préférées et disques vierges, et micro. 

-Caméra et cassettes.

-Appareil-photo, cartes mémoires et manuel d'utilisation. 

-Piles rechargeables (lampes, appareil photos, lecteur minidisc) et chargeur de piles.

-Adaptateurs pour les prises électriques de tous les pays.

-Couteau multifonction (notamment ouvre-boîte et tire-bouchon).

-Gourdes, joints de remplacement et tablettes de nettoyage.

 -Assiettes et tasses en alu, fourchettes et cuillères, tupperwares solides, petit bout de scotch-brite, briquet. Cette petite cantine est pratique si on campe mais aussi quand on ne veut pas partager les microbes dans les cuisines communes des auberges de jeunesse.

-Lessive à la main, petite brosse à ongles pour frotter le linge, ''bouche-évier'', ficelle de quatre-cinq mètres, des épingles à nourrice pour étendre le linge, petit nécessaire de couture.

-Grosse boîte tupperware pour la pharmacie avec notamment : seringues stériles, médicaments pour taiter l'eau, lingettes imprégnées de désinfectant, pansements pour les ampoules, boules quiès, contraceptifs, crême solaire, papier-toilette, couvertures de survie, etc...

-Une petite serviette de toilette chacun, trousse de toilette au minimum. 

-Duvets résistants à de basses températures, duvets en drap, oreillers gonflables, moustiquaires.

-Lunettes de soleil, casquette/chapeau, ponchos K-way, chaussures de randonnée, chaussures de marche ouvertes, tongues (pour la douche). 

-Vêtements foncés (pour chacun) : deux pantalons (un jean et un pantalon de rando transformable en short), deux T-shirts (un à manches courtes et un à manches longues), une polaire, trois slips en coton, trois paires de chaussettes, un maillot de bain, un foulard, un blouson.

 

    Le contenu de nos bagages au 15 avril 2006 avait un peu changé. Nous avons laissé en France : la caméra, la peinture, les jeux, les joints de remplacement et les tablettes de nettoyage des gourdes, les oreillers gonflables. Et nous avons ajouté un filtre à eau, fort utile en Asie en plus des médicaments pour traiter l'eau.

    Pour la rando en Mongolie, Mathilde et Mickaël nous ont apporté notre tente. Et nous avons acheté une petite casserole et de quoi faire du feu : un trépied et des pastilles inflammables de survie. 

 

 

 

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